Présentation



Le travail de Yaacov Agam est résolument orienté vers l'avenir. Ce dynamisme est issu d'une interprétation tout à fait personnelle du second Commandement du décalogue : « Tu ne feras pas d'images taillée, ni aucune figure de ce qui est en haut dans le ciel, ni de ce qui est en bas sur la terre, ni de ce qui est dans les eaux sous la terre ». Car l'idée même de ressemblance est inévitablement statique et répétitive. Or l'art d'Agam est avant tout changement. Dans sa vision du monde, comme dans son travail, préceptes juifs anciens et pensée moderne se marient et se confondent en une fascinante alchimie.

Yaacov Agam exposa ses toutes premières oeuvres cinétiques en 1953 à la Galerie Craven à Paris. Cette exposition fut la première a être strictement consacrée à l'art cinétique. En 1954, il expose trois oeuvres importantes au Salon des Réalité Nouvelles. L'année suivante, il participe avec Calder, Duchamp, Soto, Tinguely et Vasarely à l'exposition « le Mouvement » à la Galerie Denise René, exposition qui devait se révéler fondamentale pour l'avenir du mouvement cinétique.

Pendant les années 60, l'oeuvre d'Agam est présente dans toutes les grandes expositions d'art cinétique : ce nouveau langage allait s'imposer comme l'une des formes d'expression les plus originales de l'art moderne. En 1963, Agam reçoit un prix spécial pour la recherche artistique à la Biennale de Sao Paulo.

En quinze ans de travail, Agam réussit à briser les limitations de la peinture traditionnelle à deux dimensions. A la participation individuelle ou collective s'ajoute la contemplation personnelle. L'image statique, figée dans le temps, fait place à des motifs changeants, qui se modifient à l'infini. « L'art devrait être vivant et susceptible d'exprimer toute la complexité d'un monde où les évènements ne sont pas successifs mais simultanés » dit Agam.

Suivant les données d'une logique interne, l'oeuvre d'Agam, au fil des années, apparaît comme une tentative de créer des images architectoniquement structurées et des sculptures modifiables, qui servent à définir l'espace virtuel. La pensée de l'artiste est d'une parfaite unité. Son travail le plus récent traite encore des problèmes que posaient ses toutes premières expériences.